Immortalisé par la télévision puis le cinéma, Vidocq a réellement existé. Ce super flic aventurier a également lancé le bureau de renseignements pour le commerce, l’ancêtre des sociétés de recouvrement. Flash-back…

Bagnard, indicateur, policier, détective privé… On peut dire qu’Eugène-François Vidocq a eu plusieurs vies. On le sait sans doute moins, mais il créa aussi la première agence spécialisée sur les enquêtes financières… et le recouvrement de créances.

Enquête financière

Protéger les commerçants des escrocs de l’époque. Tel était l’objectif du plus grand détective de France en créant le premier bureau de renseignements pour le commerce, en 1833. A l’époque, bon nombre de « faiseurs » (escrocs) achetaient des marchandises à crédit sans jamais les payer, afin de les vendre sur un marché parallèle. Avec son fameux bureau, il lance également les premières enquêtes financières, auprès de débiteurs. Homme de communication, Vidocq fait en sorte que sa réputation grandisse grâce à un réseau d’influence composé d’huissiers, d’avoués, de notaires, d’agents d’affaires ou de commissaires. Très investi dans son entreprise, il s’implique personnellement en multipliant les notes et les conseils à ses « explorateurs » (ancêtres de nos conseillers commerciaux). Pour recouvrer une créance, ces agents utilisaient différentes méthodes et différents stratagèmes comme le fameux coup du sac.

Coup du sac

Le principe était assez simple. Avec un sac d’argent à la main, en costume de conducteur de diligence, on se présentait à l’endroit censé être habité par un escroc, un faiseur ou un débiteur. Il suffisait ensuite de faire demander le quidam qui, en se présentant, tombait dans le piège. Son adresse était marquée à la craie blanche pour pouvoir revenir un peu plus tard en force réclamer la créance. Dans les rues de Paris, les « explorateurs » suivaient un jeu de piste permanent où ils multipliaient à la craie les marques de passage ou les reconnaissances de lieux suspects.

Pour ses clients, Vidocq invente un système d’abonnement payant qui leur permettait de consulter un fichier d’escrocs… à éviter. Toujours novateur, il envisagea même de faire apposer chez ses abonnés une plaque : « Vidocq. Assurance contre les Faiseurs ». Un slogan dont la simple existence devait dissuader les escrocs et mauvais payeurs.

Papier infalsifiable

Avec son physique atypique, ce géant avait tout pour connaître un parcours hors norme. Il nait le 24 juillet 1775 à Arras et décède à Paris le 11 mai 1857 à Paris, à 81 ans du choléra. Après divers larcins il est arrêté puis s’engage dans l’armée révolutionnaire avec laquelle il participera à la bataille de Valmy et de Jemappes. Il en est renvoyé en 1793. Menant une vie d’escroc il finit par être condamné pour « faux en écritures publiques et authentiques ». Après de multiples évasions du bagne, il est engagé comme indicateur à la ville de Paris qu’il quittera pour créer une papèterie où il invente le papier infalsifiable. Il fonde ensuite le bureau de renseignements pour le commerce. L’activité florissante de Vidocq s’arrêta brusquement. Son succès irrite la police qui lui intente un procès. Pour s’en sortir, il doit vendre son affaire.

En février 1844, chargé d’enquêter sur la solvabilité d’un acquéreur potentiel, il écrit à l’intention de son agent : « Savoir : son domicile, s’il y demeure toujours, le loyer est-il en son nom, les meubles sont-ils à lui, paie-t-il exactement ses marchands, sa moralité, sa position commerciale. Prendre avec soin tous les renseignements pour être bien fixé

Un sens du détail et un souci constant de veiller à la bonne marche des dossiers que ne renieraient pas nos conseillers commerciaux aujourd’hui…

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