Les petites et moyennes entreprises sont encore trop nombreuses à ne pas se faire payer dans les temps. Elles peuvent rapidement basculer dans le rouge si elles ne sont pas accompagnées. Conséquence grave pour certaines, la faillite.

La tendance se confirme : les PME sont toujours à la merci de retards de paiements. De grands groupes ne respectent pas leurs fournisseurs, qui, à leur tour, peinent à payer de plus petites entreprises. L’effet domino est immédiat, et la pérennité des TPE et PME française est plombée.

Une récente étude menée par le réseau français d’entrepreneurs CroissancePlus et le Médiateur des entreprises, pointe du doigt une hausse des délais de règlement. « Trop de PME voient encore leur trésorerie mise sous tension par leurs clients », regrette Stanislas de Bentzmann, président de Croissance Plus qui demande au gouvernement de réduire le délai légal de paiement à 30 jours. Aujourd’hui, la loi impose d’être payé 60 jours maximum après la date d’émission de la facture. Or, les PME notent qu’elles reçoivent leur règlement 13 jours après ce délai. Pressé d’aider les entreprises à résoudre des différends, le gouvernement a institué le Médiateur des entreprises, Pierre Pelouzet. Aujourd’hui, ce dernier constate que le non-respect des délais de paiement est la première raison pour laquelle il est saisit. « Pourtant, les donneurs d’ordres gagnent à préserver un tissu de fournisseurs solides, qui détiennent des savoir-faire et leur feront bénéficier des innovations de demain » rappelle Pierre Pelouzet. Il faut donc tout faire pour qu’un fournisseur ne dépose pas le bilan, car il pourrait entraîner avec lui une chaîne de production ou un secteur complet.

Les conséquences sont en effet très lourdes : ces retards sont responsables d’une faillite sur quatre, soit environ 15 000 défaillances par an. La banque de France estime que les retards de règlement des grands donneurs d’ordre sont proches des 3,9 milliards d’euros à fin décembre 2015.

Comment en arrive t’on à cette situation ?

Les explications sont multiples : dysfonctionnement dans la chaîne de facturation, délocalisation des services achat à l’étranger, mais aussi, plus surprenants, des retards volontaires par le biais de factures incomplètes, ou d’erreurs artificielles dans l’adresse des destinataires. Plus les entreprises sont grandes, plus elles tardent à payer après la dead-line légale : de 12 jours chez un artisan, à 15 jours pour les grandes sociétés.

Tout cela fragilise les trésoreries des petites entreprises déjà fortement sollicitées. Car pour ces PME, faire crédit à des clients, c’est le chemin vers la faillite. Parmi les secteurs les plus touchés : les activités de soutien et l’information‐ communication subissent un décalage de trésorerie particulièrement important. La situation est particulièrement forte en France, puisque seules 33 % des entreprises payent leurs fournisseurs et sous-traitants à l’heure dans l’Hexagone, contre 40 % en Europe…

Aller plus loin :

  • Une étude récemment publiée par deux chercheurs, Jean-Noël Barrot (MIT) et Julien Sauvagnat (Crest), souligne que si les délais inscrits dans la loi étaient respectés, il y aurait environ 100.000 emplois qui pourraient être crées dans les PME.
  • Les PME sont les entreprises de moins de 250 salariés, avec un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros ou un total de bilan inférieur à 43 millions d’euros.
  • Contentia propose d’accompagner les entreprises à faire respecter les délais de paiement tout en maintenant une bonne relation client.

Sources : Observatoire des délais de paiement, bulletin janv-fev 2016 de la banque de France, étude CroissancePlus et Médiateur des entreprises février 2016