L’enquête menée par l’AFDCC – Association française des credit managers et conseils – donne à voir chaque année les comportements des entreprises. Malgré un contexte économique tendu, les entreprises n’utilisent pas tous les outils à disposition pour faire face aux mauvais payeurs.

Les retards de paiement pénalisent les entreprises, et pourtant, le souci de préserver un lien commercial est encore très marqué, avec les acteurs publics, comme privés. L’enquête menée chaque année par AFDCC revient sur l’utilisation des pénalités de retard. Soucieuse de préserver leurs relations commerciales, dans un contexte de concurrence très marqué, près de la moitié ne les réclament même pas ! Seules 27% le font de manière systématique. En ce sens, la France – où les sanctions restent encore très faibles – se distingue de ces voisins européens du Nord, qui eux, n’hésitent pas à les appliquer. Autre point noir : les entreprises n’encaissent pas forcément ces pénalités. En 2011, elles n’étaient qu’un tiers à le faire systématiquement. Pire, en 2015, elles sont seulement 16%. L’une des solutions consiste à rendre obligatoire ces pénalités. C’est ce que souhaitent les entreprises, qui proposent par exemple une facturation périodique.

L’indemnité forfaitaire de 40 €

Autre outil pour faire face aux mauvais payeurs : l’obligation légale de mentionner sur les factures, les 40 euros pour « frais de recouvrement ». On pourrait se réjouir de voir que 80% des entreprises respectent cette obligation. Mais, curieusement, lorsque la relation se tend, 62% des entreprises ne les indiquent plus sur leurs lettres de relances. Elles ne sont d’ailleurs que 3% à les encaisser de manière systématique.

L’enquête met également l’accent sur le comportement des acteurs publics. Premières à être montrées du doigt, les collectivités locales. Les entreprises dénoncent en 2015 une détérioration du respect des délais de paiement. Elles sont plus d’un tiers à penser que les conditions de règlement se sont empirées. La déception est d’autant plus grande que la situation s’était pourtant améliorée lors des trois dernières années. Même constat à une autre échelle, pour les collectivités publiques et l’Etat. Les entreprises notent des changements dans les comportements de paiement : 40% constatent une augmentation des dépassements légaux. De nombreux outils (loi, décret) participent pourtant depuis plusieurs années à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique. C’est même, selon le gouvernement, un des axes majeurs pour conduire les entreprises vers davantage de compétitivité. Concrètement, cela passe par la dématérialisation des factures. Mais aussi l’incitation, pour les collectivités, à conclure avec leur comptable public des conventions de contrôle allégées des dépenses. L’objectif étant de simplifier et d’accélérer les procédures de mise en paiement des factures.

L’impact de la loi Macron

Autre point de l’étude, les conséquences de la loi Macron. Des évolutions sont à prévoir au cours de l’année 2016, mais pour 2/3 des entreprises, ce nouvel environnement réglementaire va avoir une réelle conséquence sur la gestion du risque. La moitié des sondés pensent que la Loi Macron impactera favorablement les délais de paiement.

Comme dans l’édition 2014, l’étude cherche à établir quelles seront les priorités des Services Credit Management pour 2016. Il en ressort la prévention des risques et le recouvrement de créances. Rien d’étonnant à ce que les prestataires d’information commerciale (70%) et les cabinets de recouvrement (54%) arrivent en tête des services extérieurs utilisés par les Credit Managers.

Enquête 2015 à retrouver sur http://www.afdcc.fr/wp-content/uploads/2016/01/Resultats_Enquete_AFDCC_2015_sur_les_comportements_de_paiement_des_entreprises.pdf . Cette enquête est réalisée auprès d’un public de 800 entreprises. Plus de 160 entreprises ont répondu et 150 questionnaires ont pu être exploités.

A propos de l’AFDCC :

L’Association Française des Credit Managers et Conseils est une association professionnelle loi 1901 spécialisée dans la bonne gestion des relations financières clients. Elle regroupe environ 1000 entreprises membres et diffuse au plus grand nombre les bonnes pratiques professionnelles pour la maîtrise du risque d’impayés, l’optimisation des paiements clients et du besoin en fonds de roulement (BFR) de façon durable. Elle propose une multitude de services autour du partage d’expérience et des savoirs et dispose d’une offre formation complète sur tous les aspects de cette fonction.